Pour les agents des collectivités

Mairies, intercommunalités, syndicats mixtes, CCAS…

Vous n’avez pas besoin d’être « anxieux » pour être ici. Vous avez besoin de dix minutes, et d’un endroit où personne ne vous demande rien.

Je travaille tous les jours avec des agents de mairies et d’intercommunalités — accueil, services techniques, ATSEM, secrétaires de mairie, encadrants, agents de petites communes sans DRH ni service prévention. Je sais ce que c’est qu’un usager qui hurle, une réorganisation qui n’en finit pas, une charge qui monte sans que personne ne la voie. Et je sais que ce qu’on vous propose, quand on vous propose quelque chose, s’appelle « gestion du stress » : encore de la maîtrise, pour des gens qui en ont déjà trop.

Ce site propose autre chose. Pas une compétence de plus à acquérir. Un endroit où se poser.

Ce n’est pas un programme réservé aux agents : c’est le même pour tout le monde, né de ma pratique de la méditation et de ma manière d’envisager l’inquiétude. Mais j’ai tenu à l’ouvrir aussi aux agents que je rencontre presque chaque jour, comme un appui pour eux et, s’ils le souhaitent, pour leurs collègues.

Ce que ce site n’est pas, pour vous

  • Ce n’est pas une réponse de l’employeur. Si vos conditions de travail sont le problème, ce site ne les changera pas, et il ne prétend pas le faire. Ce qui doit changer dans le travail doit changer dans le travail — par les voies prévues pour ça : votre encadrement, le médecin de prévention, les représentants du personnel, le comité social territorial.
  • Ce n’est pas un dispositif de prévention des risques psychosociaux. Il n’y a ici ni questionnaire, ni tableau de bord, ni remontée à qui que ce soit. Personne n’est informé de votre venue : ni votre employeur, ni votre encadrement.
  • Ce n’est pas un soin. Si vous allez mal, la page Besoin d’aide maintenant est faite pour vous : médecin traitant, médecine de prévention, Mon soutien psy, 3114.
  • Ce n’est pas une injonction. Rien ici ne doit devenir obligatoire dans un service. Une pratique imposée n’est plus une pratique.

Quand c’est vraiment injuste

Une charge qui n’est pas la vôtre, une décision qu’on vous impose, un effort que personne ne reconnaît : cela existe, et ce n’est pas dans votre tête. Que ce soit éprouvant dans ces conditions n’a rien d’anormal ; d’autres, à votre place, le vivraient comme vous. Ce site ne vous demandera ni de l’accepter, ni de « prendre du recul » sur ce qui mérite d’être dit et défendu.

Une injustice réelle appelle des faits et des actes, et des voies existent pour cela (plus bas). La pratique ne tranche pas entre juste et injuste. Elle fait autre chose, plus modeste : elle laisse de la place pour sentir ce qui se passe en vous — la colère, la fatigue, l’incertitude — au lieu de le ruminer à minuit. Ce qui arrive parfois, c’est que cela cesse de tourner en boucle et qu’on voie un peu plus clair sur ce qu’on peut faire, ou pas.

Une psychiatre qui a introduit un atelier de méditation dans un service public de psychiatrie parle de « descendre du ring ». Je l’entends ainsi : pas renoncer au combat qui compte, mais cesser de se battre tout le temps, contre tout — y compris contre ce qu’on ressent.

Comment pratiquer quand on n’a ni le temps ni le lieu

Dans la voiture, avant d’entrer. Garé sur le parking de la mairie, moteur coupé, deux ou trois minutes. C’est probablement le meilleur endroit qui existe : personne ne vous y dérange, et vous y êtes déjà.

Au bureau, entre deux appels. Les pieds au sol, le regard vers le bas, écouter les sons du bâtiment. Trente secondes suffisent pour changer de prise. Ça ne se voit pas.

Après un accueil difficile. On ne « décompresse » pas, on ne « souffle » pas : on s’assoit, et on laisse la chose être là sans la surveiller. La pratique Trois minutes pour changer de prise est faite pour ça.

À la maison, le soir ou le matin. Dix minutes, la pratique de la semaine. C’est là que le programme se fait vraiment.

Pratiquer à plusieurs, dans un service

C’est possible, à trois conditions : que ce soit proposé, jamais imposé ; que ça se passe sur un temps qui appartient aux agents (la pause méridienne, par exemple) ; et que personne n’ait à dire pourquoi il vient. Le texte intégral de chaque méditation est publié sur ce site précisément pour cela : quelqu’un peut le lire à voix haute pour les autres, lentement, en respectant les silences.

Une chose que je vous dois

Je suis représentant syndical dans la fonction publique territoriale. Ce site n’a rien à voir avec ce mandat : il est à mon nom, il est gratuit, aucun syndicat ne l’organise, ne le vend ni ne le prescrit — il peut seulement vous en informer. Je fais les deux choses, et je les tiens séparées : j’accompagne les agents dans leurs démarches, avec eux et avec leurs employeurs, sur leurs conditions de travail ; et je propose ceci pour la personne, pendant.

Où trouver de l’aide, dans votre situation

  • Votre médecin traitant — le premier interlocuteur, toujours.
  • Le médecin de prévention (service de médecine préventive de votre collectivité ou du centre de gestion) — vous pouvez le solliciter directement, sans passer par votre hiérarchie.
  • Mon soutien psy — des séances chez un psychologue conventionné, prises en charge, sans ordonnance. Renseignez-vous sur monsoutienpsy.ameli.fr.
  • Le 3114 — si vous avez des pensées suicidaires : gratuit, confidentiel, jour et nuit.
  • Le 15 — si vous êtes en danger.

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